6 jours de jeûne hydrique – Mon expérience

Pourquoi jeûner ?

 

Pour le naturopathe, la maladie est due principalement à un excès de toxines dans l’organisme.

Ces déchets qui ne sont pas éliminés sont stockés dans le corps. Ils vont se nicher dans nos graisses ou nos muscles, ce qui provoquera à plus ou moins long terme des troubles puis des maladies. Ces toxines vont aussi épaissir le sang (hypertension, cholestérol), entourer les cellules, les asphyxier et ainsi empêcher les nutriments d’atteindre la cellule (carences en minéraux, vitamines).

 

Pour éviter l’encrassage ou pour aider le corps à se débarrasser de ces déchets, il existe plusieurs techniques de nettoyage. Le jeûne est une des méthodes les plus radicales.

 

 

Comment devenir malade ?

 

Un corps qui n’arrive pas à se désintoxiner va aller mal. Au départ, on assistera à de petits malaises : insomnies, problèmes digestifs, rhumes à répétitions, douleurs musculaires, etc. A ce stade les médicaments vont calmer les inconforts ou les douleurs de ces maladies aigues mais après ?

 

Petit à petit, le corps est pollué, les cellules sont mal nourries et l’organisme développe des maladies chroniques : maladies auto-immunes (fibromyalgies, sclérose en plaque, sclérodermies, hypothyroïdie Hashimoto, etc), maladies cardio-vasculaires, cancer. Autant de maladies qui sont difficilement gérables avec un médicament. Ce sont plutôt des protocoles chimiques lourds qui sont instaurés et qui malheureusement polluent encore plus notre corps.

 

Alors si le fait de nettoyer régulièrement son corps de ses toxines mettait une distance entre nous et la maladie ? Tentant non ? C’est tout l’art du jeûne de prévention, le jeûne physiologique, celui que j’ai expérimenté, 6 jours sans manger, en buvant des tisanes, de l’eau et du bouillon.

 

Il y a 2400 ans, Hippocrate disait : « quand un corps est chargé d’humeurs impures, faites-lui supporter la faim, elle dessèche et purifie ».

 

 

Mon expérience – 6 jours de « Jeûne et Randonnées »

 

Dans le cadre de mon activité de naturopathe, j’ai souvent parlé autour de moi du jeûne, de ses bienfaits, sans jamais l’avoir expérimenté personnellement.

 

J’ai visionné le « fameux » reportage d’Arte « Le jeûne, une nouvelle thérapie ? », j’ai lu des témoignages dans l’ouvrage de Herbert Shelton, visionné des conférences d’experts comme Eric Gandon, Françoise Wilhelmi de Toledo  ou Bernard Clavière.

Tous sont unanimes : le jeûne court fonctionne bien pour tous types d’asthmes, les bronchites chroniques, les maladies de peau, les problèmes d’obésité, les problèmes cardio-vasculaires, les maladies articulaires, les maladies du tube digestif et du foie, les problèmes cutanés, le vieillissement et la plupart des maladies chroniques. Sans forcément tout résoudre, les bienfaits sont souvent au rendez-vous.

 

Je suis prête à tenter l’expérience. Les vacances de Printemps arrivent à grand pas, je contacte l’association « Jeûne et Randonnée » de Nice, Ekkilibres et m’inscrit pour une semaine de jeûne, du samedi au samedi.

 

Pour une première expérience, je souhaite un encadrement et une expérience de groupe. Au programme, rendez-vous dans un gîte, randonnée tous les jours, séances de yoga et de méditation, massages, enseignements sur l’alimentation, etc.

 

Quelques semaines avant le début du stage, Abigaelle (la responsable du gîte, top naturopathe et randonneuse aguerrie) nous envoie notre programme pré-jeûne, à savoir la descente alimentaire. Ce programme détaille jour après jour ce qu’il faut supprimer.

 

Pour préparer son corps à jeûner et donc à être privé de nourriture, et surtout pour éviter au maximum les désagréments de la phase curative du troisième jour (voir plus loin), il faut éliminer petit à petit les aliments les plus acidifiants et les plus difficiles à digérer pour le corps. On commence par supprimer les produits animaux, puis le sucre raffiné, les excitants (alcool, café), les céréales, les oléagineux, etc., pour arriver à des fruits et des légumes entiers, avec un filet d’huile d’olive et très peu de sel.

La veille du départ, c’est la purge. En effet, il est important de bien nettoyer les intestins avant de commencer le jeûne (qu’il n’y ait plus matière à digérer). Dans le cas contraire, les intestins continuent à assimiler les nutriments d’avant le jeûne pendant plusieurs jours, ce qui retarde le début du jeûne.

Je choisis le Sulfate de Sodium, un sachet à diluer dans un grand verre d’eau. Du concentré de sodium, au goût tellement salé qu’il en devient amer ! C’est pour la bonne cause… L’effet n’est pas grandiose pour moi, loin de la débâcle à laquelle je m’attendais ! Mais après en avoir discuté avec mes « copains » du gîte, ce ne fut pas le cas pour tout le monde.  Tout dépend de l’état de ses intestins…

 

Le jour du départ, je m’alimente uniquement de jus de légumes à l’extracteur avec un peu de pomme et beaucoup d’eau… C’est assez strict mais plus la « descente alimentaire » est bien menée, plus le jeûne se fait en douceur. Je suis donc disciplinée !

 

Arrivée au gîte

 

Nous sommes 9 stagiaires venus des 4 coins de France, et même de Suisse. Chacun répartis dans les chambres du gîte. Je suis dans le « 6 pièces » qui compte 4 chambres, le salon et la cuisine. Jolie vue sur les montagnes de ma fenêtre.

 

Abigaelle nous fait visiter : la piscine, le jaccuzi, le sauna.

 

Tous les voyants sont au vert pour passer un bon séjour.

 

J’ai toutefois une appréhension de taille, qui va crescendo au fur et à mesure que nous visitons les lieux.

 

Ma hantise ce n’est pas la faim…mais l’ennui. Peur de trop penser aux enfants et à leur papa qui m’attendent à la maison, peur du vide aux heures habituelles des repas, peur de ne pas adhérer à l’ambiance communautaire, peur de compter les jours, les heures.

 

 

Heureusement, les journées sont bien rythmées ! Les randonnées remplissent une bonne partie de la journée.  Après le briefing du matin ou Abigaelle s’enquière de l’état de ses malades, stagiaires, nous partons pour plus de trois heures de randonnées ! Au départ, quand j’ai « signé » pour un « jeûne et randonnées », je pensais partir en balade pour profiter de la nature, des paysages, s’oxygéner, passer le temps. Dans ma tête, le jeûneur est faible, sans énergie, amorphe… Mais en fait, les « balades » se sont transformées en véritables…randonnées ! Le Mont Macaron, le Col du chat…autant de promenades en montagne qui demandent un effort physique que je ne soupçonnais pas ! Je pensais qu’en période de jeûne, le corps était à ce point affaibli que le moindre effort le clouait sur place. Mais pas du tout ! C’est une des étonnantes surprises du jeûne. Sans manger, les ressources physiques sont impressionnantes ! Et même si mes réserves et ma résistance sont plutôt d’un niveau correct, tous les stagiaires ont participé quotidiennement aux randonnées, même à 64 ans (n’est-ce pas Florence !…).

 

Au-delà des randonnées, le « package » comprend des séances de yoga et de méditation avec des professionnels pour se recentrer, se ressourcer, se relaxer, se déconnecter, se reconnecter, s’interconnecter…et passer le temps aussi !

 

Il nous est conseillé de boire entre 2.5 et 3 litres d’eau par jour, compréhensible pour aider les toxines à être évacuer par la transpiration et les urines.

 

La bouillotte sur le foie est très largement suggérée pour aider ce dernier dans son travail de détoxination. Le foie est l’usine à gaz de l’organisme en matière de traitement des déchets. Il est normal de lui donner un petit « coup de pousse » en période de jeûne (et dans tout processus de détoxination). La chaleur de la bouillotte va seconder le travail du foie en activant les vaisseaux sanguins.

 

Un des moments les plus attendu de la journée : le bouillon ! Pas grand-chose, presque de l’eau, mais aromatisée avec les légumes qui y ont cuit pendant des heures. Si j’ai adoré le premier, au bon goût de poireau, carotte et céleri, j’ai boudé les suivants que j’ai trouvé insipides voire dérangeants… Un bouillon au poivron rouge (de l’eau de poivron quoi), et un autre aromatisé aux champignons. J’ai préféré continuer à l’eau !…

 

Malgré la fatigue physique et les courbatures occasionnées par des heures de marche en montagne, le sommeil est la bête noire des jeûneurs. En effet, dans la « vie normale », la digestion demande beaucoup d’énergie à l’organisme. Quand il n’y a plus rien à digérer et que le corps est au repos…le besoin de dormir se fait peu sentir. Les nuits sont longues, entrecoupées de drôles de rêves (un exemple ? J’ai rêvé d’un perroquet à taille humaine, déguisé en pirate, qui me demandait de lui faire un gâteau au chocolat sans gluten, parce qu’il avait entendu à la radio Jonnhy Halliday qui disait qu’il ne fallait surtout pas manger de gluten !…Ouais. Ridicule…mais vous noterez quand même la petite touche gourmande !).

 

La phase curative ou comment le corps se nettoie

 

Quand on lit des témoignages de jeûneurs, ou des ouvrages spécialisés, tous sont unanimes sur un moment clé du jeûne : la phase curative. Cette étape survient habituellement le 3 ème jour du jeûne.

 

Explication : les toxines et les polluants sont emprisonnés dans les cellules graisseuses. Quand le corps va puiser ses ressources dans le gras, les cellules graisseuses vont s’ouvrir et vont libérer des toxines, ce qui provoque les symptômes de la phase curative.

 

 

Les symptômes diffèrent en fonction des individus (le poids, les habitudes alimentaires), en fonction du degré d’intoxination (plus on a de déchets à éliminer, plus cette période est difficile), en fonction de l’état des intestins (s’ils sont vidés auparavant – avec la purge notamment – la phase curative sera moins intense).

 

En ce qui me concerne, ce passage s’est fait en douceur. Pas de maux de têtes, de nausées, de douleurs articulaires ou musculaires. Juste une impression au lever,  de perte de contrôle de mon corps, les jambes en coton et la baignoire qui vacille quand je prends ma douche. Selon notre hôte, qui encadre des jeûneurs depuis près de 15 ans, il faut passer outre les symptômes et sortir, s’oxygéner, marcher, discuter. Force a été de lui donner raison. Pour la randonnée de ce troisième jour, on nous propose volontairement une grande marche plutôt que l’ascension d’un mont ou d’un col ! Nous avons tranquillement fait le tour de la presqu’île de St Jean Cap Ferrat où brise et embruns ont eu raison de mon état cotonneux !

 

Je reviens au gîte avec beaucoup plus d’énergie que le matin ! D’autre stagiaires ont ressenti nausées, maux de tête et grosse fatigue mais très peu de douleur. Tout le monde a participé à cette marche.

 

Un autre incontournable syndrôme du jeûne : la langue chargée, assortie d’une haleine de fennec et d’une transpiration plutôt fétide. Toutes ces manifestations sont le reflet des toxines qui sortent de notre corps. Tous les témoignages que j’ai lu font état de cette étape très glamour du jeûne !

 

Personnellement, j’ai été étonnée de constater que je n’avais ni la langue, ni l’haleine, ni la transpiration typique du jeûneur. Je mettrais ces effets sur le compte d’un organisme plutôt « clean » tout au long de l’année, sans excès de produits raffinés, ni plats industriels ni autre « malbouffe », et une pratique régulière d’une activité physique.

 

Reprise alimentaire

 

Au même titre que pour se préparer au jeûne, il ne faut pas agresser son corps avec une alimentation trop lourde ni trop acidifiante à la sortie du jeûne. Il y a un réel protocole à respecter pour repeupler son intestin sans désagréments digestifs (douleurs, ballonements). Pour un jeûne de 6 jours, la reprise alimentaire doit se faire progressivement sur…6 jours…

Il faut notamment apporter des fibres et des probiotiques avec des végétaux cuits mais aussi crus. Il faut réintégrer progressivement les aliments dans le sens inverse de la descente alimentaire. Ne pas exagérer trop vite avec le sel au risque de reprendre son poids initial en une journée !!!

 

Perte de poids /de gras / de muscles…

 

Il est évident que le meilleur régime au monde, c’est le jeûne ! Gratuit avec effet garanti en une semaine !

 

En effet, on nous dit que le premier jour du jeûne, le corps puise son énergie dans les réserves de sucres et de glycogène stocké dans le foie. Les deuxième et troisième jour, notre organisme va chercher du carburant dans les graisses puis dans les muscles. C’est à partir du troisième jour que les bienfaits du jeûne commencent réellement, puisque le corps va se nourrir dans les tissus (c’est l’autolyse ou autophagie), en ciblant ceux qui sont malades, les cellules abîmées, les kystes, les peaux mortes et les tumeurs. Il va puiser dans les tissus abimés, malades, pour reconstruire de nouveaux tissus, renouveler ses cellules et éliminer ses toxines.

 

 

Lors de ces 6 jours, j’ai perdu 4 kg. Je me suis intéressée de près à ce phénomène, voulant juger de la perte de gras ou de muscle.

 

 

Il se trouve que dans ma salle de sport à Moscou, un médecin est à notre disposition pour procéder à des tests, afin d’ évaluer notre évolution en terme de prise de masse et/ou perte de graisse.

 

Poids, mesures et impédancemétrie avec électrodes sont au programme. (On mesure à l’aide d’électrodes de stimulation et d’électrodes d’enregistrement la résistance au passage du courant (impédance), la masse grasse contenant très peu d’eau offre une résistance au passage du courant).

 

J’ai donc pris un rendez-vous juste avant le jeûne, puis 10 jours après. Les résultats ont été incroyables, même mon coach m’a avoué qu’il ne s’attendait pas à de tels effets du jeûne sur le corps.

 

Les résultats

 

Une semaine avant le jeûne, je pèse 68 kilos

Au retour du jeûne, soit 6 jours après le début, je pèse 64 kilos, soit une perte de 4 kilos.

10 jours après la fin du jeûne, je pèse 66,8 kilos, soit une reprise rapide de 2.8 kilos, et une perte totale de 1.2 kg (à la date du 13 mai. A suivre).

 

MAIS !!!!

 

Concernant les muscles et le gras…les résultats sont étonnants.

En effet, comme vous pouvez le voir sur le document-joint (en Russe mais j’ai traduit le principal) :

 

Entre le 20 avril et le 13 mai, soit une semaine avant le jeûne et 10 jours après :

 

  • Perte de gras : – 4.4 kg
  • Gain de muscle : + 2.5 kg
  • Prise d’eau : +1.3 kg

 

Ce qui signifie que non seulement le jeûne a bien « tapé » dans les graisses, mais qu’en plus, la randonnée (associée à mon entrainement en musculation pré-jeûne) m’ont permis de gagner en masse musculaire !

 

Les kilos que j’ai repris représentent en grande partie de l’eau, ce qui s’explique par une demande très importante de mes cellules en liquide à la sortie du jeûne. Elles se sont gorgées d’eau (notamment avec les végétaux – fruits et légumes dont j’ai largement abusé la première semaine).

 

Ce qui me conforte dans l’idée que la balance, le poids sur la balance, n’est pas forcément le reflet de notre prise ou perte de poids. Se sentir plus à l’aise dans ses vêtements, avoir un corps qui change dans ses formes est plus significatif que le poids sur la balance !

 

CONCLUSION

 

Il faut toutefois distinguer deux types de jeûne : le jeûne de prévention ou physiologique (celui que j’ai expérimenté, réservé aux personnes qui ne sont pas malades) et le jeûne thérapeutique qui est proposé à des personnes atteintes de pathologies telles que les maladies auto-immunes, les diabétiques ou encore les personnes atteintes de cancer. Ils se déroulent sur une plus longue période (en général un minimum de 3 semaines) et sont médicalement encadrés. Il n’y a pas de centre en France (Espagne ou Allemagne).

 

Outre le poids, ce type de jeûne procure un véritable décrassage général, l’élimination des déchets, une peau neuve, un nouveau tonus physiologique et psychologique. C’est une véritable réinitialisation des ressources naturelles de notre corps.

 

L’idéal pour préserver les bienfaits du jeûne sera de profiter de cette expérience pour changer ses habitudes alimentaires, en prenant (enfin) conscience de la relation entre l’alimentation, l’activité physique et la gestion du stress avec la santé.

 

Alors, êtes-vous prêts à tenter l’expérience ?

 

 

 

 

6 réponses

  1. Merci de nous faire partager cette belle expérience très interessante et très bien expliquée. J’étais déjà convaincue par les bienfaits du jeune mais ton récit me motive à l’expérimenter !! Bravo Aurélie.

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